Line décide que ce mardi sera un mardi où elle dira non à tout à tout le monde.
Pourtant quand elle se lève, elle prend son chocolat chaud et ses deux tartines avec sa confiture épaisse couche rouge mélangée au beurre coulant plongée dans le lait fumant.
Puis elle prend sa douche s’habille avec un pantalon de toile et un haut beige se terminant par deux pointes.
Elle sort dans la rue avec son sac à main celui qu’elle a acheté dans un magasin sur le boulevard Saint Michel.
Elle travaille dur comme un mardi ce qui n’a rien à voir avec ce qu’elle peut donner un mercredi mais quand même pas autant qu’un jeudi.
Sa collègue lui raconte ce qu’elle fait lundi soir soit à peu près la même chose à une nuance près que ce qu’elle a fait dimanche soir : baiser. La nuance c’est que mardi soir elle était seule.
Puis à la pause déjeuner, Line lit le journal gratuit du métro et sa collègue le lit par dessus son épaule. C’est une chose que Line ne supporte pas, ça et l’odeur des chats. Les chats, selon elle, dégagent une odeur immonde. Mais cette chose, lire par dessus son épaule, est pire que l’odeur des chats alors elle plie le journal et le pose sur la table de la salle repos et retourne à son ordinateur bien qu’il lui reste à peu près une demi-heure de pause. Mais c’est mardi.
La pause se termine elle a juste le temps de regarder des annonces sur Internet pour acheter un lapin noir, les seuls que Line supporte. Les seuls c’est à dire les seuls animaux. Même pas les hommes elle ne les supporte. Les lapins noirs, elle a découvert ça un jour qu’elle était partie au Japon épouser quelqu’un, les lapins noirs sont les seuls et uniques animaux que Line supporte. D’où la puissante motivation de Line pour en acheter. Des lapins blancs fréquemment, des lapins noirs quetchnik. Des lapins noirs quand même.
Il est cinq heures et les ordinateurs sont coupés pour l’entretien et Line met son manteau, un gros blouson jaune qu’elle a acheté à la Farfouille. Son blouson est jaune canari mais elle n’a pas choisi. La vendeuse, elle l’a eue sur le dos pendant une demi-heure. Line lui soutenait qu’elle ne pouvait pas porter de jaune, qu’elle ne voulait pas de jaune, ni de blouson jaune, qu’elle n’en voulait pas mais la vendeuse qui sentait de la gueule assez fort n’en finissait pas avec son manteau jaune si bien que Line a fini par dire oui.
Elle le met alors son manteau jaune et elle descend les escaliers elle sourit à la réceptionniste Géraldine qui lui sourit alors qu’elle lui passe des coups de fils toute la journée pour lui demander son signe astrologique mais Line lui sourit et leur sourire n’en finit pas reflet du reflet miroir face à un autre miroir. Line sort, l’air froid et bruyant de Neuilly. Les voitures entassées les unes sur les autres dans une partouze orgasmique à coup de klaxon éjaculatoire. Line n’est pas trop échangiste alors elle n’a pas de voiture.
Alors elle prend le métro qui est un plaisir identique mais dénué d’éjaculation ou plutôt d’éjaculation orgasmique réfrénée refoulée, violemment. Comme ce désir de se faire prendre par plusieurs hommes en sandwich contre les portes qui se referment. Des fois.
Quand elle sort du métro à sa station elle est en sueur comme après l’amour mais pas tout à fait quand même.
Elle marche dans le goudron qui la submerge à force de se noyer dedans. Elle en recrache par petites bouffées puis achète sa demi baguette depuis qu’elle n’achète plus une baguette entière. C’est moins cher mais la monnaie est plus dure à trouver dans son porte monnaie en cuir noir.
Elle ressort avec sa demi baguette s’arrête devant le marchand de journaux achète un magazine qui fait la une sur une femme qui dit être la femme de Jésus. Elle achète avec deux stylos couleurs bleu océan indien et un paquet de pâte à mâcher.
Elle rentre enfin chez elle et il est presque sept heures. Elle prend sa douche se lave bien sous les bras avec son gel douche en pensant que les nuages noirs sont définitivement passés.
Elle regarde Delarue qu’elle a enregistré la semaine dernière elle s’endort en mangeant un yaourt leader price.
Quand elle se réveille il est deux heures du matin les lumières sont allumées la télé aussi elle se couche éteint tout.
Demain mercredi elle décide de dire oui à tout à tout le monde. Oui.